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ACTUALITE DU PATRIMOINE

06 janvier 2017 / 06 a viz Genver 2017

 

L’histoire de Jean-Louis, tombé au front en 1916

Par Jean-Pierre LE CARROU

Le Quimpérois Marcel Kerbourc’h a plongé dans la terrible guerre 14-18. Il suit le destin de Jean-Louis, son grand-père maternel, mort au front à 34 ans.

 

Entretien 

Marcel Kerbourc'h, petit-fils de Poilu.

Qu’est-ce qui vous a poussé à raconter l’histoire de Jean-Louis Quéau, votre grand-père tombé au front en 1916 ? Marcel Kerbourc’h. En 2005, j’ai raconté la vie de Mélie, ma maman, dans un livre. C’est comme ça que j’ai découvert certains documents. Chez mes parents, il y avait la photo du grand-père Jean-Louis. On savait que c’était un soldat mort à la guerre. Mais on n’en parlait pas. Personne ne posait de questions. Le 100e anniversaire de sa mort, survenue le 6 septembre 1916 dans la Somme, m’a donné l’envie d’en savoir plus.

Pour en parler, il faut des documents. Qu’est-ce que vous découvrez ? Ma sœur avait des lettres dans des boîtes, reliées par un ruban. Personne ne les lisait. C’était des lettres adressées à ma grand-mère et écrites du front par un collègue du grand-père. Ouvrier agricole, il ne savait pas écrire. Ce soldat voulait bien le faire pour lui. Mon grand-père raconte sa vie quotidienne. Lorsque je lis ces lettres, je me dis, il existe. Je n’ai retrouvé qu’une seule lettre écrite par ma grand-mère. Sa dernière lettre à son mari…

Cette lettre, reproduite dans le livre, est émouvante. Votre grand-mère l’écrit alors que son mari est mort. Mais elle ne le sait pas. La nouvelle ne lui a pas encore été communiquée. C’est pour cette raison que cette lettre a été sauvée. On l’a renvoyée à sa femme avec les affaires de Jean-Louis. Le corps du grand-père n’a jamais été identifié : sa plaque avait été arrachée par erreur. Il est devenu un soldat inconnu. Ses restes se trouvent dans un ossuaire. Cela n’a pas empêché ma grand-mère de se rendre régulièrement dans la Somme pour se recueillir. Ce n’est pas si fréquent que cela.

Avant la mort de Jean-Louis, on suit la vie du Poilu lorsqu’il est au Front. C’est possible grâce aux lettres. J’ai retrouvé le télégramme dans lequel mon grand-père annonce qu’il vient en permission. Ma grand-mère l’avait conservé. Et puis il y a des photos…

On découvre des photos assez extraordinaires prises par un Quimpérois, Etienne Le Grand…Tout le monde à Quimper connaît cette famille de photographes. Etienne Le Grand était sur le front. Quand il ne combattait pas, il troquait son fusil pour l’appareil photo. Les officiers étaient d’accord. Il a même édité des cartes postales. Voilà comment j’ai retrouvé cette photo des « gars de Kerfeunteun », en uniforme, au repos. L’association Arkae a réalisé un travail sur cette collection extraordinaire.

Souvent les photos disent beaucoup… Regardez. Jean-Louis se marie à 27 ans avec Marie-Anne. On découvre, sur le cliché pris par Joseph Villard en 1909, un couple en costume traditionnel. Un peu figé, mais serein. En août 1916, lors de sa dernière permission, Marie-Anne insiste pour faire une nouvelle photo chez le même photographe. Cette fois avec les deux enfants nés entre-temps. Jean-Louis porte l’uniforme. Il n’est plus du tout insouciant. On sent que Marie-Anne est inquiète. C’est l’ultime photo de la famille. Jean-Louis est tué à peine revenu de permission.

Ce livre édité à compte d’auteur est achevé. Que va-t-il devenir ? Je l’enrichis au fur et à mesure avec les informations que je continue à collecter. Un exemplaire est à la médiathèque. Je veux partager ce travail avec d’autres personnes. Tout le monde peut faire ces recherches. Internet facilite les choses. Pourquoi ne pas organiser un grand forum en 2018 ? Enfin, j’aimerais savoir ce que font les Allemands de leur côté. Eux aussi doivent mener des recherches.

Marcel Kerbourc’h est disposé à partager ses documents (sur PDF) et à conseiller les personnes souhaitant mener des recherches sur cette période. On peut le contacter par mail :  Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. .

 

Article rédigé par Jean-Pierre LE CARROU et extrait du Ouest France - Quimper.

Modifié le 05/01/2017 à 19:39 | Publié le 05/01/2017 à 19:39